“Il nous a prédestinés par Jésus-Christ à être adoptés, selon le dessein bienveillant de Sa volonté.” Ep 1. 5

Dans la civilisation romaine un père pouvait déshériter son fils naturel, mais pas son fils adoptif.

Etrange à première vue, mais non sans raison.

Un père ne pouvait pas choisir le caractère de son fils, né dans sa famille. S’il tournait mal et humiliait ses parents, ceux-ci avaient le droit de le rejeter de la famille et de le déshériter, arguant qu’ils ignoraient tous ses mauvais penchants et que s’ils les avaient connus ils ne l’auraient pas choisi.

Par contre, un père ne pouvait pas déshériter son fils adoptif, car il l’avait choisi en connaissant son caractère, ses qualités autant que ses défauts.

Une traduction plus explicite de la phrase de Paul serait de dire :

“Grâce à Jésus-Christ, Dieu notre Père nous a prédestinés à devenir Ses fils adoptifs…”

Paul, citoyen romain, voulait nous faire comprendre que le Père nous avait donné un statut supérieur à celui de fils naturel, celui de fils adopté.

Dieu ne peut donc jamais nous déshériter, car Il nous a choisis ou prédestinés, connaissant parfaitement nos mauvais penchants.

Peut-être ne ressentez-vous pas cette assurance d’être sauvé, mais votre adoption est garantie, quoi que vous ressentiez !

Chercher à Lui plaire est l’expression de notre gratitude pour une telle adoption, et revient à Lui rendre gloire.

Kathy Collard Miller fait remarquer que dans le premier chapitre de la lettre aux Ephésiens Paul fait mention pas moins de cinq fois de la gloire de Dieu (v. 6, 12, 14, 17 et 18).

Vous comporter comme de vrais enfants adoptifs de Dieu, désireux de Lui plaire, c’est certain, glorifiera Son nom aux yeux de tous !

“L’insensé dit dans son cœur : il n’y a pas de Dieu !” Ps 14. 1

Certaines traductions du psaume 14 proposent : “le fou dit en son cœur…” Il s’agit peut-être de ce fou qui construit sa maison sur le sable, et dont parle Jésus dans une parabole bien connue.

La tempête vient et la maison, sans fondations solides, s’écroule. Cependant, le terme “insensé” est à retenir lorsque l’on se souvient que cela veut dire “celui qui n’a aucun sens, qui a perdu le sens”.

L’insensé est alors, peut-être, cet homme dont parle également Jésus, qui pense pouvoir gérer son patrimoine et son avenir avec des projets cohérents et lucratifs, mais qui oublie qu’il n’est maître de rien.

“Insensé, dit Dieu, cette nuit même ton âme sera redemandée, et pour qui sera tout ce que tu as programmé ?” (Lc 12. 20).

Être sensé, qu’est-ce donc ? Est-ce être sage ? Comme celui qui construit sa maison sur le roc ?

Être sensé, c’est savoir que vivre a du sens, et finalement percevoir ce sens comme un don reçu dès lors que l’on a compris que la vie vient de Dieu le Père.

Sans cette certitude, voire cette conviction, comment sentir vivre en nous cette force qui pousse en avant, et sans doute vers le haut ?

L’homme sensé est celui qui a retrouvé le sens, voire les sens. Premièrement, la direction : il sait qu’il va quelque part.

Deuxièmement, la signification : une vie qui parle et qui fait sens.

Troisièmement, une valeur : une vie qui vaut d’être vécue. L’homme sensé est celui qui sait d’où il vient, où il va, ce qu’il est et ce qu’il vaut.

Si l’insensé nie Dieu, l’homme sensé proclame qu’Il existe. Dès lors que vous avez trouvé Dieu notre Père – lequel se laisse trouver – vous devriez reconnaître tous les sens et avoir la sensation d’une vraie présence en vous et autour de vous.

Que dit votre cœur ?

“Les 24 anciens s’agenouillent… et jettent leurs couronnes devant le trône.” Ap 4.10

Beaucoup de gens passent leur vie à courir d’un but à l’autre sans jamais se sentir satisfaits.

Beaucoup les envient, mais eux-mêmes ne se sentent pas dignes de louanges. Ils n’apprécient pas leurs propres réussites.

Si vous vous trouvez dans cette situation, alors approchez-vous de Jésus. Lui seul peut remettre de l’ordre dans votre esprit et vous satisfaire.

Car rien ne remplacera jamais Sa présence dans votre vie de tous les jours.

Si vous espérez être satisfait un jour de vos propres réussites, vous risquez d’attendre bien longtemps.

Dès que vous atteindrez le sommet de la montagne que vous avez choisi de gravir, vous en verrez une autre, plus élevée, à l’horizon.

Les félicitations humaines ne sont d’aucune utilité si votre cœur demeure assoiffé.

Laissez donc Dieu notre Père étancher votre soif.

Carrière, argent, sexe, réussite, rien ne vous satisfera. Papa seul peut le faire.

Les 24 anciens ont fait plus que s’agenouiller devant Dieu. Ils ont aussi jeté leurs couronnes (leurs propres réussites) à Ses pieds.

Parce qu’ils étaient sages, ils n’ont pas cherché à jouir de leurs propres réussites.

Ils avaient découvert qu’en entrant dans la présence du Père et en abandonnant tout à Ses pieds, ils ne perdraient strictement rien !

Il vous faudra aussi en arriver à tout abandonner à Ses pieds, avant de lever les yeux vers Lui, pour Lui dire : “J’ai simplement besoin de passer du temps près de Toi, de jouir de Ta présence.

Vos réussites matérielles pourront vous apporter un peu de joie temporaire, mais c’est seulement avec le Père que vous trouverez “une joie totale” (Ps 16. 11).


“Le pain de Dieu est celui qui est descendu du ciel, et qui donne la vie au monde.” Jn 6.33

Dans un de Ses discours, Jésus fait référence à la manne que les Hébreux ont pu manger dans le désert.

Cette manne était perçue comme “pain venu des cieux” et reçu chaque matin. Il a nourri le peuple et l’a fortifié dans sa marche vers la liberté et la Terre promise pendant 40 ans.

Mais ce pain-là avait ses limites, outre le fait qu’il était immangeable le lendemain, Jésus rappelle : “nos pères ont mangé la manne dans le désert et ils sont morts !” (Jn 6. 49).

Or, ce Jésus, également venu des cieux de façon miraculeuse, se présente comme le “nouveau” pain.

La Parole incarnée est sans doute à entendre et à méditer, mais voilà qu’elle se présente aussi comme une nourriture à manger, voire à ruminer.

C’est une audace incroyable que de se présenter comme du pain à manger, et d’ailleurs Ses auditeurs ne peuvent le croire. Mais Jésus enfonce le clou :

“Si vous ne mangez Ma chair et si vous ne buvez Mon sang, vous n’aurez pas la vie en vous-mêmes” (v. 53).

Jésus évoquera souvent Sa personne comme étant le pain de Dieu et pour Lui, la Parole de Dieu est une nourriture dont Il s’alimente Lui-même.:

“Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui M’a envoyé” (Jn 4. 34).

Il n’est pas étonnant que pour imprimer cette image dans le cœur et dans l’esprit du croyant, Jésus propose de revivre régulièrement une Pâque spéciale qu’Il a instituée devant Ses disciples. :

“Prenez et mangez, ceci est Mon corps rompu pour vous” a-t-Il dit en partageant le pain de la Cène.

Le symbole du pain quotidien est à recevoir avec force et précision : le Christ s’offre Lui-même totalement, et il faut se nourrir de Son exemple, mais aussi de Sa présence quotidienne (“Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde”).

Dans la prière qu’Il nous enseigne, Il recommande cette requête : “Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien”.

Ce pain quotidien n’est autre que le Christ, pain venu des cieux. Il s’est donné ; à nous de Le recevoir en nous.

“L’homme est semblable à un souffle, Ses jours sont comme l’ombre qui passe.“ Ps 144. 4

Une patiente explique à son psychiatre :

J’admets volontiers que la terre ait pu tourner sans moi pendant des milliers d’années avant ma naissance, mais j’ai du mal à concevoir qu’elle fasse de même après ma mort.

Cette femme exprime, à sa façon, le besoin de marquer le temps que l’on traverse, et croit avec force que le monde avait besoin de son passage.

On se pose souvent la question de savoir quel monde nous allons laisser à nos enfants, mais il y a cette autre préoccupation : quelle trace laisserons-nous aux générations à venir ?

Notre vie est importante à nos yeux, mais devant le cosmos et l’éternité, éléments en dehors de notre compréhension, nous ne sommes rien qu’un souffle éphémère et insignifiant.

Les cimetières sont remplis de gens indispensables, effacés et oubliés. Quelle ironie !

Toute notre vie nous voulons faire tourner le monde autour de notre personne, mais nous ne sommes qu’une vapeur, selon la Bible qui, dans sa rudesse, témoigne toujours de la Vérité.

Son parler-vrai est parfois redoutable, mais la Bible veut toujours nous sortir de nos illusions pour que nous saisissions l’essentiel.

L’essentiel est ailleurs que dans nos prétentions, et naturellement, il ne peut que nous dépasser. Si nous percevons que la vie est au-delà de nos petites existences temporaires, c’est parce qu’une parcelle d’éternité raisonne au plus profond de nous (Ecc. 3. 11).

Cet écho d’un ailleurs et d’un tout autre est la trace de Dieu notre Père au fond de chaque individu. Nous cherchons à laisser une trace alors que nous avons à saisir celle que Dieu laisse en nous.

Cette empreinte divine est la signature du Créateur, Celui qui est à l’origine des origines, de l’espace et du temps.

Et la vie qu’Il propose va bien au-delà d’un passage sur terre.

“Approchons-nous…du trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce…” He 4.16

Pourquoi l’auteur de la lettre aux Hébreux parle-t-il de grâce et de compassion (ou miséricorde), alors que nous utilisons souvent les deux mots pour dire la même chose ?

Parce qu’il y a une légère différence !

La miséricorde, c’est ne pas recevoir ce que nous méritons, la grâce, c’est recevoir ce que nous ne méritons pas.

Imaginez que vous entrez dans un magasin et que vous mettez un objet dans votre poche et qu’au moment de sortir un agent de sécurité vous arrête. Vous devez vider vos poches et l’objet volé est découvert.

Vous méritez d’être poursuivi, mais le gérant du magasin décide de ne pas appeler la police. Vous méritiez d’être arrêté, mais par miséricorde, vous échappez à la condamnation.

Imaginez maintenant que l’on vous offre une promotion dans votre entreprise à condition que vous terminiez un projet spécifique pour la semaine suivante.

Malgré vos efforts, vous n’arrivez pas à le terminer. Au dernier moment, l’un de vos collègues vient vous voir et vous aide à tout mettre en place pour la date fixée.

Vous avez bénéficié de la faveur d’un collègue. Cette promotion, vous ne la méritiez pas tout seul, mais par grâce elle vous a été accordée.

Jésus nous a fait don de ces deux bénédictions : nous méritions la mort, l’éternelle séparation d’avec Dieu (Rm 3. 23), mais Sa mort et Sa résurrection nous permettent d’échapper à la condamnation.

Cela aurait pu être suffisant, mais grâce à Jésus nous obtenons, en plus, ce que nous ne méritions pas: devenir co-héritier du royaume de Son Père.

Tout autour de vous vivent des gens qui ont besoin de grâce et de miséricorde mais qui, par ignorance la plupart du temps, s’efforcent de “mériter” une vie meilleure ou l’assurance d’un paradis à leur portée.

Un seul chemin mène au trône de la grâce, il a pour nom: Jésus.

“Même si mon père et ma mère m’abandonnent, le Seigneur me recevra.” Ps 27. 10

John Haggee travailla un jour dans un foyer pour enfants et remarqua que les jours de visite, un garçon venait se placer juste à côté de la grille d’entrée, comme s’il attendait un visiteur particulier.

Mais jamais personne ne venait le voir. Au bout d’un certain temps John lui demanda pourquoi il attendait près de la grille, alors que personne ne venait lui rendre visite.

Le garçon répondit : “J’attends mon père.” “Mais ton père ne semble jamais venir. Pourquoi continuer à l’attendre ?

L’enfant répliqua : “Je ne connais pas mon père, mais tant que je ne l’aurai pas rencontré, je ne peux pas savoir qui je suis.

Triste est celui qui ne connaît pas qui il est vraiment.

Jésus n’était pas dans cette situation. Il savait d’où Il venait, connaissait Son père, et en conséquence savait qui Il était vraiment (Jn 2. 25).

Et vous, savez-vous qui vous êtes vraiment ?

Attendez vous près d’une grille dans l’espoir de rencontrer un jour votre père ? Paul écrit :

Vous êtes tous, par la foi, fils de Dieu en Jésus-Christ” (Ga 3. 26).

Pour avoir fait confiance à Jésus, nous avons été adoptés dans la famille de Dieu notre Père, et reçu un héritage qui ne peut nous être enlevé.

David était le plus jeune enfant de sa famille. D’habitude le “petit dernier” est celui qui est mieux gâté par ses parents que les autres.

Dans son cas c’était plutôt le contraire ! Aussi a-t-il écrit plus tard : “Même si mon père et ma mère m’abandonnent, le Seigneur me recevra.”

La famille de Dieu notre Père est caractérisée par des liens plus forts que ceux du sang. Jésus unit les siens par un amour éternel.

Si vous ne faites pas encore partie de Sa famille, ne restez pas debout près de la grille à attendre un père qui ne viendra pas.

Faites confiance à Jésus, reconnaissez-Le comme votre sauveur et apprenez combien Il vous aime et souhaite vous soutenir de Sa force quand vous en aurez le plus besoin.

Si vous L’avez déjà trouvé, faites preuve d’assurance, car vous êtes désormais fils ou fille de roi.

“Il alla… se mettre au service d’un des habitants du pays, qui l’envoya… garder les cochons…” Lc 5.15

Après avoir dilapidé tout son argent à l’étranger, loin du pays de son peuple et de ses lois, il ne lui restait que deux solutions :

Retourner vers son père, ou rester dans ce pays païen où personne ne le connaissait.

Il choisit la deuxième, ce qui le força à chercher un emploi pour pouvoir se nourrir. Il était si désespéré qu’il accepta un emploi qu’aucun juif fidèle n’aurait envisagé : garder des cochons !

Dieu notre Père a le sens de l’humour ! Il nous oblige parfois à faire ce que nous détestons le plus pour nous faire entendre raison.

Voilà donc notre “gaspilleur” arrivé au plus bas de son existence, incapable même de manger la nourriture des cochons, les gousses de caroubier n’étant pas digestibles par l’homme dans leur état naturel.

Pourquoi ne se résout-il pas plus vite à rentrer humblement chez son père ? Parce qu’il sait ce qu’il risque en revenant dans son village.

Les us et coutumes juifs comportaient une cérémonie humiliante appelée Kezazah (littéralement : découpé, tranché, coupé de…).

Lorsqu’un jeune juif gaspillait son héritage parmi les païens, s’il osait revenir chez lui, toute la communauté se rassemblait devant lui, brisait un pot de terre cuite à ses pieds et déclarait : “Un tel est coupé à jamais de son peuple”.

En conséquence, il devenait un paria que nul n’accueillerait ou n’aiderait.

Mais la peur de mourir de faim loin de son peuple, plus que le remords d’avoir brisé le cœur de son père et humilié son peuple, fut la plus forte et le “gaspilleur” prit enfin le chemin du retour.

“Tandis qu’il était encore assez loin de la maison, son père le vit… il courut à sa rencontre, le serra contre lui et l’embrassa” Lc 15.20

Notez qu’une grande distance les sépare encore, pourtant le père le voit et court à sa rencontre, probablement pour lui éviter l’humiliation de la Kezazah.

Agissant ainsi, il fait ce qu’aucun digne patriarche n’aurait fait : courir en relevant sa robe et donc en dévoilant ses jambes et faire le premier pas vers celui qui lui avait causé douleur et humiliation.

Mais n’est- ce pas ce que Dieu le Père a fait pour nous ?

Paul écrit : “Il n’y a pas de juste, pas même un seul… il n’y en a pas un qui recherche Dieu. Tous se sont égarés, ensemble ils se sont pervertis, il n’y en a pas un qui fasse le bien, il n’y en a pas même un seul” (Rm 3. 11).

Pas plus que le fils prodigue, nous ne méritions que Dieu coure vers nous pour nous embrasser et nous serrer contre Lui.

Il faut remarquer en passant que le jeune homme ne fait pas vraiment preuve de repentance, quand il s’adresse à son père. S’il revient, c’est avant tout pour ne pas mourir de faim, pas pour rétablir une relation d’amour et de respect avec son père.

D’aucuns ont mis en parallèle les mots du fils prodigue “Mon père, j’ai péché contre Dieu et contre toi” (v. 21) avec les mots du Pharaon à Moïse : “J’ai péché contre le Seigneur, votre Dieu, et contre vous” (Ex 10. 16).

Qui oserait affirmer que le Pharaon regrettait son péché envers Dieu ?

Malgré ce manque de repentance, le père du fils prodigue l’embrasse, signe de pardon, le revêt de sa propre robe, signe d’honneur et de respect, enfile une bague à son doigt, signe d’autorité, et lui procure des sandales, pour le différencier des esclaves qui allaient en général nu-pieds.

Pour couronner le tout, il fait tuer et préparer le meilleur morceau de viande disponible sur le domaine.

Le plan du salut divin exclut toute action de notre part.

Le “gaspilleur”, le bon-à-rien, n’avait qu’à revenir pour être accepté par son père. Ce dernier n’avait jamais perdu espoir.

Dieu notre Père non plus ne perd pas l’espoir de voir revenir à Lui Ses enfants égarés.

La repentance viendra plus tard ! Aujourd’hui, hâtez-vous de venir vous réfugier dans Ses bras !

“Père, donne-moi la part de fortune qui doit me revenir… Peu de jours après, le plus jeune fils convertit en argent tout ce qu’il avait et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune..”
Lc 15. 12-13

L’appeler l’enfant prodigue sonne bien, n’est-ce pas ? Mieux que l’enfant gaspilleur ou dépensier, ce qu’il était vraiment.

D’ailleurs l’histoire que Jésus raconte est, pour la première moitié du moins, assez sordide.

L’un des deux fils de ce propriétaire terrien demande à son père de partager, de son vivant, l’héritage destiné aux deux garçons, afin qu’il puisse jouir tout de suite et à sa guise, de sa fortune future.

C’est un peu comme s’il disait à son père : “J’en ai assez d’attendre que tu meures. Je veux mon argent sur-le-champ”.

Aux temps bibliques l’héritage n’était partagé qu’après la mort du père et selon la règle légale dans le cas de deux enfants : deux-tiers allaient à l’aîné, et un-tiers au cadet (Dt 21. 15-17).

La réaction du père semble incompréhensible ! Comment peut-il accéder aussi facilement à la requête insultante de son plus jeune fils ?

Mais Dieu notre Père n’agit-Il pas ainsi envers nous ?

Il nous a créés, nous a accordé des talents spécifiques, nous poursuit de Son amour et de Sa compassion, et nous Le rejetons pour vivre notre vie loin de Lui !

Mais l’amour du Père est trop fort pour nous abandonner.

Il ne se lasse pas d’attendre notre retour, sachant très bien que le monde et ses plaisirs ne sauraient nous satisfaire pleinement.

Imaginez ce qu’a dû ressentir le père du “gaspilleur” et dans une moindre mesure, son frère, quand ils ont vu le cadet s’empresser de vendre, sans doute à vil prix, tout ce qu’il venait d’hériter afin de n’emporter que de l’argent liquide (v. 13) ?

Des champs perdus à jamais, des meubles de famille, des souvenirs venus de générations passées… Personne n’avait agi ainsi auparavant.

L’humiliation de voir une telle vente a dû se lire sur le visage du père, ainsi que la stupeur sur celui des voisins et des proches.

Imaginez aussi la souffrance sur le visage de Dieu le Père quand Il voit le salut en Son fils méprisé, tourné en ridicule, rejeté par ceux qu’Il aime pourtant ?

Néanmoins, sans endosser Sa robe de juge, Il continue à nous aimer…

“Voici la conclusion de tout ce qui a été dit : respecte Dieu et obéis à Ses commandements.” Ec 12.13

Aux yeux de beaucoup le roi Salomon avait tout pour vivre une vie de rêve.

Privilégié par Dieu dès sa jeunesse, il avait passé ses meilleures années à profiter de sa sagesse légendaire, à jouir de tous les plaisirs disponibles dans le domaine intellectuel, matériel et physique.

Mais ni sa richesse, ni le nombre de ses femmes et concubines, ni sa gloire et sa renommée, ni les fabuleux projets de construction qu’il avait lancés ne l’avaient comblé.

Tout n’avait débouché que sur ce constat désabusé : “tout est vanité des vanités”.

La vie humaine sur terre lui paraissait dénuée de sens, ce que les philosophes existentiels du vingtième siècle ont répété dans leurs écrits.

En conclusion de son livre l’Ecclésiaste, nous pourrions nous attendre à une invitation au suicide, tant son livre apparait empreint de cynisme et de désespoir.

Mais non !

Salomon se souvient peut-être de sa jeunesse quand Dieu lui était apparu dans un songe, ou peut-être n’a-t-il pas encore renié Celui qui l’a tant béni au cours de sa vie.

Dans sa brillante conclusion, il déclare que, malgré tout, le bonheur est possible sur cette terre, à condition de respecter le Père et de Lui obéir fidèlement, car un jour Dieu jugera chacun des hommes et passera au crible leurs actions, bonnes et mauvaises.

Salomon ne parle pas de l’éternité. Remarquez le nombre de fois où il écrit : “il y a un temps pour…”, comme s’il se sentait prisonnier du temps, incapable d’imaginer son immortalité, au contraire de Job qui déclarait. :

Je sais… que mon rédempteur est vivant… et après qu’on aura détruit cette peau qui est mienne, c’est bien dans ma chair que je contemplerai Dieu” (Jb 19. 25-26).

Pourquoi ne pas exprimer notre reconnaissance à Dieu qui a placé dans notre cœur un “esprit d’éternité” (Ec 3. 11) et une espérance de voir un jour Jésus face à face ?

Et prions qu’Il remplisse notre vie de la joie d’obéir à Sa volonté et d’accomplir ce qu’Il a prévu pour nous chaque jour.