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“Qu’est-ce que la Vérité ?” Jn 18. 38

Cette question est celle que l’homme pose depuis la nuit des temps et posera encore jusqu’à la fin des temps : qu’est-ce que la vérité ?

Maintes réponses sont proposées et restent insuffisantes : la vérité est ailleurs ou nulle part, elle est multiple, elle est unique, elle est indéfinissable, elle est en toi, elle est en tous…

Et, en fin, tout le monde a tort en pensant avoir raison. La vérité est insaisissable parce qu’elle échappe à tous.

Il y a des formules ou des images qui peuvent sembler séduisantes et qui rallient bien des gens. Exemple :

La vérité est comme le sommet d’une montagne, plusieurs chemins y mènent et tous convergent vers elle.

Cette piste est valorisante, mais elle n’est pas certaine pour autant. Autre proposition : la vérité est au fond de chacun, il suffit de vivre en harmonie avec soi-même pour l’atteindre. Tentant, rassurant, mais inexact.

Quand Pilate souffle, comme pour évoquer une énigme inextinguible, la difficile question, Jésus n’y répond pas. Non qu’Il ignore la réponse, mais parce que la vérité n’est pas un concept que des philosophes pourraient définir avec certitude.

L’audace de la Bible est d’attester que la vérité est une personne qui détermine, à elle seule, ce qui est foncièrement et définitivement vrai.

Tout au long de son ministère, Jésus a dit être Lui-même la vérité. Pas même une vérité, mais LA vérité. Parce qu’en plus, la vérité est unique et éternelle.

En effet, une vérité plurielle ne serait pas absolue, et une vérité variable ne serait qu’une mode.

Avec une certaine clairvoyance, le philosophe Maurice Clavel, initialement athée touché brusquement par Dieu le Père dans une expérience quasi mystique, a pu résumer son expérience ainsi. :

Nous cherchons à saisir la vérité alors que c’est elle qui nous saisit. Nous voulons la posséder et c’est elle qui nous possède.

En vérité, la vérité nous dépasse parce qu’elle est l’expression même de Dieu.

“Il y a un seul corps et un seul Esprit… il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous…” Ep 4. 4-6

Il est presque impossible, hors les murs d’une église, de répéter aujourd’hui ce que l’apôtre Paul disait aux Éphésiens. Prétendre encore évoquer une piste unique pour un Seigneur unique, c’est être d’une radicalité insupportable, trop étroite pour rester acceptable.

Notre société impose plutôt la pluralité, la diversité, la multiplicité. Dans une tolérance de bon aloi – qui souvent n’est qu’apparente – il convient d’évoquer des vérités plurielles et des spiritualités diverses.

Comment oser prétendre croire en un seul chemin, en une seule façon d’atteindre Dieu et être sauvé, sans se faire aussitôt traiter de fanatique sectaire et intolérant.

Pourtant, il y a dans la Bible des absolus impossibles à contourner ou à ignorer. Est-ce parce que la mode est aux cohabitations de toute sorte qu’il faut mêler le clair et obscur, le jour et la nuit, la vérité et le mensonge, le bon et le mauvais ?

Si le métissage est souvent prometteur et plein de charme, on ne peut tout mêler sous prétexte qu’il faut être ouvert.

Le même apôtre, écrivant aux Corinthiens, enfonce le clou et demande : “Quel rapport y a-t-il entre la justice et l’iniquité? Ou qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres ?” (2 Co 2. 14).

Ne nous laissons pas impressionner par les discours trompeurs de nos contemporains, et parfois même de nos élites. Si tous les chemins mènent à Rome, un seul mène à la Vie éternelle.

Ne nous laissons pas aveugler : ceux qui veulent imposer la largesse d’esprit canalisent pourtant leurs auditeurs dans une pensée unique et manquent souvent de compréhension et de curiosité pour des idées qui ne sont pas les leurs.

Le monde, avec ses modes, ses interprétations et ses philosophies humaines passe, tandis que la Parole de Dieu demeure.